Banalisée par principe
L'État installe ses radars embarqués dans des véhicules banalisés, avec un flash infrarouge que l'on ne voit pas. Ces voitures appartiennent au ministère de l'Intérieur, qui les prête aux sociétés chargées de les conduire. Hors service, elles stationnent sur des sites de la police ou de la gendarmerie.
En 2021, des députés ont proposé de rendre les voitures radars identifiables. Le texte n'a pas été adopté, et une question écrite qui allait dans le même sens a été retirée sans réponse en 2022.
Quels modèles ?
L'État les décrit comme des « modèles récents de type compacte ou berline ». Jusqu'ici, il exigeait un moteur Diesel, assez puissant pour alimenter l'équipement ; le renouvellement du parc doit passer à l'essence.
Les seuls modèles cités par l'État lui-même sont anciens :
- Renault Mégane et Peugeot 208 au lancement, en 2013 ;
- Citroën Berlingo à partir de 2014 ;
- Peugeot 308 pour les premières voitures conduites par une société privée, en Normandie en 2018.
Les listes plus récentes viennent de la presse. En 2022, L'Argus citait des Renault Mégane et Sandero, des Peugeot 208, 308 et 508, des Citroën Berlingo, des Volkswagen Golf et Passat, des Seat Leon, des Škoda Octavia et des Ford Focus. En juillet 2026, le même journal, s'appuyant sur un site de passionnés, comptait environ un tiers de Citroën C5 Aircross, de Renault Captur et de Ford Focus récentes, aux côtés de 308, Mondeo, Leon, Octavia, 508, Golf et Passat.
Ce sont parmi les voitures les plus vendues en France. Seule une infime partie de chaque modèle est équipée d'un radar : le modèle seul ne dit rien.
Les indices qui circulent
La presse cite plusieurs détails : une caméra sur le tableau de bord, un petit capteur carré derrière la lunette arrière, une plaque d'immatriculation non métallique, des diodes infrarouges. L'Argus les juge lui-même peu fiables : à vitesse normale, on n'a pas le temps de les voir.
Le nombre d'occupants donne une indication plus solide :
- une voiture conduite par une société privée n'a qu'un chauffeur à bord ;
- une voiture conduite par les forces de l'ordre a deux agents, un conducteur et un opérateur qui règle le radar.
Mais un conducteur seul dans une berline, c'est la majorité des voitures sur la route.
Voiture radar, voiture banalisée, radar à l'arrêt
| Dispositif | Comment il contrôle | Ce qui suit |
|---|---|---|
| Voiture radar | En roulant, véhicules croisés ou qui la doublent, flash invisible | Avis de contravention envoyé plus tard |
| Radar mobile à l'arrêt | Appareil dans un véhicule garé au bord de la route, ou sur trépied | Avis de contravention envoyé plus tard |
| Voiture banalisée de police ou de gendarmerie | Agents qui constatent l'infraction | Interception du conducteur |
En Île-de-France et en Corse, les voitures radars restent conduites par des policiers ou des gendarmes : une voiture banalisée des forces de l'ordre peut donc aussi être une voiture radar.
Plutôt que de la chercher
La seule façon sûre de ne pas être verbalisé par une voiture radar reste de respecter la limitation. Ce site ne signale aucune voiture radar en temps réel. Il montre où elles ont roulé en 2024, d'après les mesures publiées par l'État, et à quelle vitesse roulaient les conducteurs mesurés : voir la carte de votre département.
Pour savoir comment fonctionne l'appareil, lisez comment fonctionne une voiture radar.
Sources
- Sécurité routière : la voiture-radar
- ANTAI : les radars en France
- Ministère de l'Intérieur et Sécurité routière : communiqué du 20 avril 2018
- Assemblée nationale : réponse à la question écrite n° 3436 (JO du 28 mars 2023)
- Sénat : réponse à la question écrite n° 18302 (JO du 29 juillet 2021)
- L'Argus : « Voitures radars : de nouveaux modèles en circulation », 14 septembre 2022
- L'Argus : « Radars : les 10 intox de l'été », 29 juillet 2026
- Projet de loi de finances 2027 : compte « Contrôle de la circulation et du stationnement routiers »