Modèle de radar · mis à jour le 11 octobre 2026 · 4 min de lecture

Radar Fusion 2 Mesta : le radar tourelle

Si votre avis de contravention mentionne « Fusion 2 - Mesta », vous avez été contrôlé par un radar tourelle : une cabine en haut d'un mât, qui suit plusieurs véhicules à la fois et dont le flash ne se voit pas.

Illustration du radar Fusion 2 Mesta
Image d'illustration, générée par ordinateur : l'apparence réelle peut différer.
1 492radars tourelles dans la liste officielle de décembre 2025
45 %des 3 309 radars fixes de France
95départements équipés
80 km/hla limitation la plus souvent contrôlée (511 radars)

« Fusion 2 - Mesta » sur l'avis de contravention

L'avis de contravention indique l'appareil qui a relevé l'infraction, à la ligne « Appareil de contrôle homologué ». Les avis cités par des automobilistes et des avocats portent « FUSION 2 - MESTA » ou « MESTA FUSION 2 ». L'ANTAI, qui envoie les avis, ne publie pas la liste de ces noms.

Le certificat d'homologation, lui, est public : la plaque de l'appareil doit porter le nom du fabricant, Idemia, et le type « MESTA FUSION 2 ». C'est le radar que la Sécurité routière appelle radar tourelle.

En bref. Radar fixe posé sur un mât. Il contrôle la vitesse, ou le franchissement d'un feu rouge ou d'un passage à niveau. Il retire 5 km/h à la vitesse mesurée sous 100 km/h, 5 % au-delà. Il ne verbalise ni le téléphone, ni la ceinture.

Qui le fabrique

Le Mesta Fusion 2 est fabriqué par Idemia, dont le siège est à Issy-les-Moulineaux. « Mesta » est le nom de la gamme de radars de l'entreprise, qui a changé plusieurs fois de nom :

  • Sagem Défense Sécurité, sur les certificats des radars de 2006 et 2007 ;
  • Morpho à partir de 2010, puis Safran Identity & Security en 2016 ;
  • Idemia depuis septembre 2017, après la vente de l'activité par Safran.

La cabine Mesta 210, plus ancienne, vient du même fabricant.

Ce qu'il contrôle

Selon la Sécurité routière, le radar tourelle « contrôle la vitesse dans les deux sens de circulation et/ou détecte le franchissement de feux rouges et de passages à niveau ». Le certificat précise qu'il mesure les véhicules qui s'approchent comme ceux qui s'éloignent : il peut donc photographier de face ou de dos.

Il distingue les voitures des poids lourds, et désigne sur la photo le véhicule mesuré quand plusieurs y figurent.

Ce qu'il ne contrôle pas

Le téléphone au volant, la ceinture et les distances de sécurité ne sont pas verbalisés par ce radar. Deux sources officielles le disent :

  • En janvier 2021, le ministère de l'Intérieur répondait que les radars tourelles sont homologués « pour les seuls contrôles de vitesse et de franchissement », et que le module vidéo qui permettrait d'autres contrôles n'avait été « ni commandé par l'État, ni développé par la société Idemia ».
  • En avril 2025, la brochure de la Sécurité routière le répète : les radars ne sont homologués que pour la vitesse et le franchissement des feux rouges et des passages à niveau.

Le certificat prévoit bien un emplacement pour un module vidéo, mais il le décrit comme facultatif et étranger à la mesure de la vitesse.

Comment il mesure la vitesse

Les chiffres qui suivent viennent du certificat d'homologation français, délivré le 28 septembre 2018 et valable jusqu'au 27 septembre 2028.

  • Un radar Doppler, qui suit la trajectoire de plusieurs véhicules à la fois : jusqu'à 126.
  • Un suivi à longue portée, « typiquement plus de 100 mètres ».
  • Une mesure prise sur une ligne située entre 20 et 30 mètres de l'appareil.
  • Des chaussées de cinq voies au plus.
  • Des vitesses de 20 à 250 km/h.

La presse a souvent écrit que ce radar « flashe à 200 mètres », sur huit voies, 32 véhicules à la fois. Les huit voies figurent dans la documentation commerciale d'Idemia, pas dans l'homologation française. Et suivre un véhicule de loin n'est pas le mesurer de loin : la vitesse retenue est celle relevée à 20 ou 30 mètres.

Un flash que l'on ne voit pas

Le Fusion 2 a bien un flash. Il est infrarouge et sert aux photos de nuit : le conducteur ne le voit pas. On ne sait donc pas, sur le moment, si l'on a été contrôlé.

La marge retirée

Comme tout radar fixe, le Fusion 2 retire 5 km/h à la vitesse mesurée sous 100 km/h, et 5 % au-delà. La Sécurité routière donne les seuils : 56 km/h pour une limite à 50, 86 pour 80, 96 pour 90, 116 pour 110 et 137 pour 130.

L'amende et les points dépendent de l'excès retenu, pas du modèle de radar : voyez le barème.

Comment le reconnaître

  • Une cabine fixée en haut d'un mât. Le certificat fixe la base de la cabine à 2,60 mètres du sol, à 50 centimètres près ; l'ensemble mesure environ 4 mètres, d'après une préfecture citée par la presse.
  • Une pose à droite, à gauche ou sur le terre-plein central.
  • Un panneau d'annonce quand il contrôle la vitesse, comme pour tout radar fixe de vitesse.

Une cabine n'est pas forcément active. Le projet de départ, confirmé par le ministère en 2021, prévoyait cinq cabines pour un seul radar, déplacé de l'une à l'autre. Ce que ce projet est devenu est raconté sur la page du radar tourelle.

Depuis quand, et combien

Dix radars tourelles étaient installés à titre expérimental au 1er septembre 2018, selon le Sénat. La Sécurité routière date la première mise en service du 13 avril 2019, à Mimizan dans les Landes. D'après le ministère, chaque tourelle posée alors a remplacé un radar fixe détruit entre janvier 2018 et mars 2019.

Le parc a grossi vite : 83 au 1er septembre 2019, 650 un an plus tard, 1 333 fin 2023 et 1 468 fin 2024. La liste officielle de décembre 2025 compte 1 492 radars tourelles ; leur carte est sur la page du radar tourelle.

Ce radar est aussi une cible : 155 tourelles ont été dégradées en 2019. Son entretien coûtait en moyenne 6 307 € par appareil en 2024, selon la Cour des comptes.

Sources

Modèles

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Types

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